ACCUEIL LA REVUE Éditoriaux Vol. 13 2009 -- À L’ÉCOUTE DU PATIENT : UNE RENCONTRE ÉMOTIONNELLE -- JOURNÉE ANTONINO FERRO

Vol. 13 2009 -- À L’ÉCOUTE DU PATIENT : UNE RENCONTRE ÉMOTIONNELLE -- JOURNÉE ANTONINO FERRO

Comme vous avez pu le constater sur la couverture de notre revue, ce numéro « Spécial Ferro » est une édition assez particulière puisqu’elle est le fruit d’une collaboration étroite et intense avec la FFBPP, la Fédération Francophone Belge de Psychothérapie Psychanalytique.

Nous avons, pour l’occasion, entièrement modifié notre staff de rédaction afin de lui substituer une équipe « de choc », la même d’ailleurs qui a organisé la « Journée Ferro » avec grand succès.

Nous avons centré l’entièreté de la revue sur Antonino Ferro, et celle-ci comporte deux parties bien distinctes et complémentaires.
Une première partie reprend l’ensemble des interventions de la « Journée Ferro » et en constitue donc les Actes.

Dans une deuxième partie, nous avons trouvé intéressant de publier des textes qui avaient fait l’objet d’une présentation au sein de l’Association pour la Recherche en Psychothérapie Psychanalytique (ARPP) et de l’École Belge de Psychothérapie Psychanalytique à Médiations, et qui témoignent du rayonnement des écrits de Ferro dans notre fédération.

Pour ce qui est de la rédaction des Actes proprement dite, l’entreprise n’a pas été simple puisqu’il nous aura fallu construire un texte le plus lisible possible à partir des enregistrements audio des présentations orales, celles-ci étant elles-mêmes des traductions parfois littérales de l’italien…

Certains mots étant intraduisibles, nous avons choisi d’utiliser les termes qui nous semblaient s’approcher au plus près du sens originel, mais nous avons parfois gardé tel quel le mot italien pour sa saveur locale inimitable – il en va ainsi du mot « passapomodoro ». Nous avons également opté pour quelques néologismes, comme le mot « oniricité », et nous avons parfois eu quelques surprises, par exemple quand nous avons réalisé que « l’incontinence », assez étonnante chez un adulte, signifiait en réalité « l’in-contenance », c’est-à-dire l’absence de contenant…

Nous disposions également d’un texte écrit que nous avait transmis l’orateur, mais qui se révéla finalement être assez éloigné de la présentation orale. Comment donc associer ces deux versions des textes ?

Nous avons opté pour des choix différenciés.

Pour ce qui est de la présentation du matin, dont l’ardu travail de transcription a été assuré par Françoise Rauïs, il nous a semblé difficile d’intégrer le texte écrit au compte-rendu de la présentation orale. L’option retenue a donc été de garder les deux textes bien séparés, ce qui a permis de respecter le déroulement de la matinée dans toute sa dynamique tout en conservant le texte écrit comme base d’inspiration.

Le second intérêt de ce choix, comme le souligne Françoise Rauïs, c’est que « cela permet de voir comment surgissent les personnages au fur et à mesure que les rêves de Ferro se sont développés dans une direction ou une autre ». De plus, poursuit-elle, « Est-ce vraiment le rêve que Ferro a fait de cette journée ? Ou est-ce son rêve, continuellement transformé par sa fonction alpha qui construit continuellement des éléments alpha et présente des images qui arrivent sans arrêt dans son rêve, lequel est continuellement transformé ? »

À la lumière de cette intéressante hypothèse, nous laisserons au lecteur le plaisir de se perdre dans les méandres du déploiement des rêveries de Ferro.

À l’inverse, pour ce qui est de la présentation de l’après-midi – transcrite avec patience par Françoise Daune – nous avons opté pour l’intégration des deux textes, les références théoriques et les vignettes cliniques du texte écrit venant s’inscrire harmonieusement dans le texte oral.

Je ne pourrais passer sous silence les « travailleurs de l’ombre », Jacqueline Leluron, entre autres, pour les photos et les corrections orthographiques, et surtout Sander Kirsch à qui nous devons, en plus de la mise en page générale, la prouesse d’avoir transformé des images photographiées sur écran et parfois un peu floues, en iconographies très claires nous permettant de suivre les exposés avec tranquillité. Les deux présentations cliniques, l’une d’adulte et l’autre d’enfant, ont été assurées respectivement par Rosella Sandri et Diana Messina Pizzuti.

La vignette présentée par Rosella Sandri « Paul et le restaurant psychanalytique » – qui a pu être transcrite dans son intégralité, de même que les interventions d’Antonino Ferro –, nous offre un matériel unique et fort riche d’une supervision en direct, qui pourrait d’ailleurs s’inscrire avec bonheur dans la continuité de son dernier livre Psychanalystes en supervision

.Pour ce qui est du cas clinique d’enfant « Les flammes et l’extincteur. Les premiers temps d’une rencontre », Diana Messina Pizzuti nous a expressément demandé, pour des raisons de confidentialité, de ne pas réaliser d’enregistrement audio ni de comptes rendus détaillés. Le texte qu’elle nous a transmis est extrêmement succinct, et nous prions les lecteurs qui espéraient retrouver un récit intégral de nous en excuser. Son document permettra néanmoins aux personnes ayant participé à la journée de retrouver la trame de son intervention – sans les commentaires de Ferro, malheureusement.

Venons-en maintenant à la partie annexe, où nous vous proposons quatre articles très complémentaires, illustrant chacun à leur façon certains aspects de l’apport de Ferro.

Dans un premier article, « Quand la symbolisation fait défaut (…) », Claire Barbier expose avec clarté l’approche d’Antonino Ferro, la resituant avec justesse dans sa filiation avec l’œuvre de Bion.

Le second texte, « Deux approches thérapeutiques différentes selon deux moments d’une longue thérapie », dû à la plume de Véronique Duchatelet, retrace, lui, l’itinéraire thérapeutique d’une patiente qu’elle a longuement suivie selon deux modalités différentes : après une première phase plutôt classique, à coloration nettement kleinienne, elle a poursuivi, selon une approche plus centrée sur la relation émotionnelle, la recherche d’un unisson avec son analysante. Nous aurions aimé, c’est certain, plus de détails cliniques, comme Ferro nous en abreuve si généreusement, mais nous respectons pleinement ce choix d’assurer strictement la confidentialité de la situation.

Le troisième article, « Psychothérapeute, les risques du métier (…) », nous semble très précieux également, car rares sont les psychanalystes ayant abordé aussi clairement la question de la protection de la psyché au travail, non seulement celle du patient, mais aussi celle de l’analyste et même celle de ses proches. Comment éviter le « burn out » qui guette les psys dont la tendance à la surcharge de travail est légendaire… Notre profession n’est-elle pas tout entière centrée sur l’écoute des besoins de l’autre ? Une urgente invitation à s’aérer le corps et l’esprit !

Enfin, le dernier texte, « Antonino Ferro, un psychanalyste d’aujourd’hui », de mon cru, avait déjà fait l’objet d’une parution dans notre revue, mais il nous a semblé intéressant de le joindre à ce numéro « Spécial Ferro » parce qu’il reprend les éléments principaux de cette approche innovante et permettra au lecteur découvrant Ferro de mieux appréhender l’essentiel de sa théorisation.

Il me reste encore à remercier la fondation Federico Fellini ainsi que les éditions Rizzoli Libri Illustrati pour l’autorisation qu’ils nous ont accordée de publier des illustrations du Libro dei sogni de Federico Fellini. Nous remercions également les éditions Brandes-Apsel-Verlag pour leur permission de reproduire trois planches de leur ouvrage de Matejek et Lempa, Behandlungs-(T)räume : Ein satirisch-psychoanalytisches Lehrbuch in Bildern und Texten.

Bonne lecture,                                                            Jacques Van Wynsberghe

 

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