Comme vous avez pu le constater sur la
couverture de notre revue, ce numéro « Spécial Ferro » est une
édition assez particulière puisqu’elle est le fruit d’une collaboration étroite
et intense avec la FFBPP, la Fédération Francophone Belge de Psychothérapie Psychanalytique.
Nous avons, pour l’occasion, entièrement
modifié notre staff de rédaction afin de lui substituer une équipe « de
choc », la même d’ailleurs qui a organisé la « Journée Ferro »
avec grand succès.
Nous avons centré l’entièreté de la revue
sur Antonino Ferro, et celle-ci comporte deux parties bien distinctes et
complémentaires. Une première partie reprend l’ensemble des
interventions de la « Journée Ferro » et en constitue donc les Actes.
Dans une deuxième partie, nous avons
trouvé intéressant de publier des textes qui avaient fait l’objet d’une
présentation au sein de l’Association pour la Recherche en Psychothérapie Psychanalytique (ARPP) et de l’École Belge de Psychothérapie
Psychanalytique à Médiations, et qui témoignent du rayonnement des écrits de
Ferro dans notre fédération.
Pour ce qui est de la rédaction des Actes
proprement dite, l’entreprise n’a pas été simple puisqu’il nous aura fallu
construire un texte le plus lisible possible à partir des enregistrements audio
des présentations orales, celles-ci étant elles-mêmes des traductions parfois
littérales de l’italien…
Certains mots étant intraduisibles, nous
avons choisi d’utiliser les termes qui nous semblaient s’approcher au plus près
du sens originel, mais nous avons parfois gardé tel quel le mot italien pour sa
saveur locale inimitable – il en va ainsi du mot
« passapomodoro ». Nous avons également opté pour quelques
néologismes, comme le mot « oniricité », et nous avons parfois eu
quelques surprises, par exemple quand nous avons réalisé que
« l’incontinence », assez étonnante chez un adulte, signifiait en
réalité « l’in-contenance », c’est-à-dire l’absence de contenant…
Nous disposions également d’un texte écrit
que nous avait transmis l’orateur, mais qui se révéla finalement être assez
éloigné de la présentation orale. Comment donc associer ces deux versions des
textes ?
Nous avons opté pour des choix
différenciés.
Pour ce qui est de la présentation du
matin, dont l’ardu travail de transcription a été assuré par Françoise Rauïs,
il nous a semblé difficile d’intégrer le texte écrit au compte-rendu de la
présentation orale. L’option retenue a donc été de garder les deux textes bien
séparés, ce qui a permis de respecter le déroulement de la matinée dans toute
sa dynamique tout en conservant le texte écrit comme base d’inspiration.
Le second intérêt de ce choix, comme le
souligne Françoise Rauïs, c’est que « cela permet de voir comment
surgissent les personnages au fur et à mesure que les rêves de Ferro se sont
développés dans une direction ou une autre ». De plus, poursuit-elle,
« Est-ce vraiment le rêve que Ferro a fait de cette journée ? Ou
est-ce son rêve, continuellement transformé par sa fonction alpha qui construit
continuellement des éléments alpha et présente des images qui arrivent sans
arrêt dans son rêve, lequel est continuellement transformé ? »
À la lumière de cette intéressante
hypothèse, nous laisserons au lecteur le plaisir de se perdre dans les méandres
du déploiement des rêveries de Ferro.
À l’inverse, pour ce qui est de la
présentation de l’après-midi – transcrite avec patience par Françoise Daune – nous
avons opté pour l’intégration des deux textes, les références théoriques et les
vignettes cliniques du texte écrit venant s’inscrire harmonieusement dans le
texte oral.
Je ne pourrais passer sous silence les
« travailleurs de l’ombre », Jacqueline Leluron, entre autres, pour
les photos et les corrections orthographiques, et surtout Sander Kirsch à qui
nous devons, en plus de la mise en page générale, la prouesse d’avoir
transformé des images photographiées sur écran et parfois un peu floues, en
iconographies très claires nous permettant de suivre les exposés avec
tranquillité.
Les deux présentations cliniques, l’une
d’adulte et l’autre d’enfant, ont été assurées respectivement par Rosella
Sandri et Diana Messina Pizzuti.
La vignette présentée par Rosella Sandri
« Paul et le restaurant psychanalytique » – qui a pu
être transcrite dans son intégralité, de même que les interventions d’Antonino
Ferro –, nous offre un matériel unique et fort riche d’une supervision en direct,
qui pourrait d’ailleurs s’inscrire avec bonheur dans la continuité de son
dernier livre Psychanalystes en supervision .Pour ce qui est du cas clinique d’enfant « Les
flammes et l’extincteur. Les premiers temps d’une rencontre », Diana
Messina Pizzuti nous a expressément demandé, pour des raisons de
confidentialité, de ne pas réaliser d’enregistrement audio ni de comptes rendus
détaillés. Le texte qu’elle nous a transmis est extrêmement succinct, et nous
prions les lecteurs qui espéraient retrouver un récit intégral de nous en
excuser. Son document permettra néanmoins aux personnes ayant participé à la
journée de retrouver la trame de son intervention – sans les
commentaires de Ferro, malheureusement.
Venons-en maintenant à la partie annexe,
où nous vous proposons quatre articles très complémentaires, illustrant chacun
à leur façon certains aspects de l’apport de Ferro.
Dans un premier article, « Quand
la symbolisation fait défaut (…) », Claire Barbier expose avec clarté
l’approche d’Antonino Ferro, la resituant avec justesse dans sa filiation avec l’œuvre
de Bion.
Le second texte, « Deux approches
thérapeutiques différentes selon deux moments d’une longue thérapie »,
dû à la plume de Véronique Duchatelet, retrace, lui, l’itinéraire thérapeutique
d’une patiente qu’elle a longuement suivie selon deux modalités
différentes : après une première phase plutôt classique, à coloration
nettement kleinienne, elle a poursuivi, selon une approche plus centrée sur la
relation émotionnelle, la recherche d’un unisson avec son analysante. Nous
aurions aimé, c’est certain, plus de détails cliniques, comme Ferro nous en
abreuve si généreusement, mais nous respectons pleinement ce choix d’assurer
strictement la confidentialité de la situation.
Le troisième article, « Psychothérapeute,
les risques du métier (…) », nous semble très précieux également, car
rares sont les psychanalystes ayant abordé aussi clairement la question de la
protection de la psyché au travail, non seulement celle du patient, mais aussi
celle de l’analyste et même celle de ses proches. Comment éviter le « burn
out » qui guette les psys dont la tendance à la surcharge de travail est
légendaire… Notre profession n’est-elle pas tout entière centrée sur l’écoute
des besoins de l’autre ? Une urgente invitation à s’aérer le corps et
l’esprit !
Enfin, le dernier texte, « Antonino
Ferro, un psychanalyste d’aujourd’hui », de mon cru, avait déjà fait
l’objet d’une parution dans notre revue, mais il nous a semblé intéressant de
le joindre à ce numéro « Spécial Ferro » parce qu’il reprend les
éléments principaux de cette approche innovante et permettra au lecteur
découvrant Ferro de mieux appréhender l’essentiel de sa théorisation.
Il me reste encore à remercier la
fondation Federico Fellini ainsi que les éditions Rizzoli Libri Illustrati pour
l’autorisation qu’ils nous ont accordée de publier des illustrations du Libro
dei sogni de Federico Fellini. Nous remercions également les éditions
Brandes-Apsel-Verlag pour leur permission de reproduire trois planches de leur
ouvrage de Matejek et Lempa, Behandlungs-(T)räume :
Ein satirisch-psychoanalytisches Lehrbuch in Bildern und Texten.
Bonne lecture, Jacques Van Wynsberghe
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